jeudi 6 février 2014

Le temps de lire

Marie Meylan, notre bibliothécaire a lu le phénomène littéraire romand de ces dernier mois «Ils sont tous morts», d’Antoine Jaquier et nous en parle.


J’avais lu une présentation de ce livre dans une sélection coups de cœur de l’Hebdo, et aussi dans le Migros Magazine, à qui l’auteur, bon garçon, donnait la recette d’une soupe que préparait sa grand-mère…

C’est arrivé près de chez nous, dans les années 80, au temps où les scènes ouvertes de la drogue, à Berne et à Zürich, avaient les honneurs de la presse internationale, et de ce qui s’ensuivait dans les campagnes vaudoises.
Ils sont tous morts d’Antoine Jaquier raconte la descente aux enfers d’une bande de jeunes bien de chez nous. C’est cru, pathétique, terrifiant. Et encore, prévient l’auteur de ce premier roman d’inspiration largement personnelle : « Tels que présentés dans mon récit, les personnages n’ont existés que dans mon esprit. Dans la réalité, ils furent bien pires. De toute manière personne ne se plaindra, ils sont tous morts. ».

Il faut dire aussi que c’est bien écrit, dans une langue efficace et sans fard. Il y a eu quelques relecteurs de taille, comme Philippe « Mix & Remix » Becquelin, ou la journaliste Isabelle Rüf.
Curieusement, des passages entiers, surtout au début, pourraient être scandés sur six pieds. Je me suis demandé si c’était voulu.
« Empoignade méritée,/ menaces de mort classiques,/ porte des voisins qui s’ouvre,/ il vaut mieux m’en aller,/ pour le shit c’est râpé. »
Ou : « Lorsqu’il a bu la bière,/ la première de sa vie,/ tout s’est stabilisé,/ la peur a disparu./ Il a continué/ et c’était naturel/ de boire pour aller mieux,/ nous, on l’accompagnait./ Pour choisir nos alcools,/ on n’est pas difficiles,/ le plus au moindre prix,/ le lubrifiant social./ Des trois cons dans cette pièce,/ pas un n’a fait l’amour/ sans se saouler avant. »

Voilà. De ma lecture, entre horreur et fascination, pitié et rejet, j’ai eu du mal à me remettre. J’ai hésité. Que faire de ce livre ? Pour finir, j’ai trouvé qu’il avait sa place à la bibliothèque, mais qu’il valait mieux que j’en touche un mot à mes lecteurs avant de (ne pas) le mettre entre toutes les mains.
Ils sont tous morts, d’Antoine Jaquier, sera en rayon d’ici quelques jours. Vous voilà prévenus…



Horaires de la bibliothèque :
le jeudi de 9h00 à 12h00
le vendredi de 15h30 à 17h30
le samedi de 10h00 à 12h00




Marie Meylan

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